PREFACE DE L'AUTEUR
"ראו כי ה' נתן לכם השבת"
" Voyez ! l'Eternel vous a gratifié du Chabbat (Exode 16/29)
Si pendant les jours ouvrables l'homme doit travailler et assurer la vie et l'évolution de la création, le Chabbat, tout doit s'arrêter, s'immobiliser. Faire sortir un volume d'encre de quoi écrire deux lettres peut être passible de lapidation (Chabbat 80a).
Peut-on être plus sévère ou plus ….. Précis ?
Le fait de déplacer cette parcelle infinitésimal d'encre de chez moi dans la rue, c'est changer l'aspect du monde que j'ai construit toute la semaine, ce monde que je doit analyser, sur qui je dois réfléchir.
Tous les autres travaux, dont la référence se trouve dans la construction du sanctuaire du désert, projection de notre univers, sont interdits par cette même définition: contempler le monde que J'ai construit, savoir de combien de degrés je me suis haussé vers le Créateur et prendre de l'énergie dans l'étude de la Torah pour m'élever encore plus dans la semaine à venir.
Et comme dit Hillel au prosélyte : " le reste n'est qu'explication va l'apprendre (Chabbat 31 a) ".
Jusqu'au jour où ayant accompli parfaitement un Chabbat, la Miséricorde Divine nous accordera le lieu où se tenait nos premiers parents " dans un monde tout Chabbat et repos de la vie éternelle.
עולם שכולו שבת ומנוחה לחיי העולמים
Ashdod le 18 Tamouz 5744
Haï Ben Chlomo EL BEZE זצ"ל
La traduction de Chabbat comme celle de Betsa est proche du texte, pour que l'étudiant puisse facilement se retrouver dans l'original et mieux saisir le sens du message. Le commentaire qui l'accompagne est en général inspiré du commentaire de Rachi.
Le Rav à terminé sa traduction par ces mots:
Finissant ce travail בע הי, le 18 Tamouz 5744
.
D. ma fait mérité de finir le traité Chabbat en Israël nôtre Terre Sainte. Il me donnera le mérite de commencer d'autres traités et livres et de les terminer. Et par le mérite de tous les Tanaïm et Amoraïm base de l'enseignement de nos Sages qui témoignerons pour moi et ma descendance que la Torah ne s'éloigne pas de mes lèvres et des lèvres de mes enfants et petits enfants pour l'éternité אכי"ר
Et à mon épouse Lea שיחיי que D. allonge ses jours et lui accorde une guérison complète et qu'elle est le mérite de voir tous ses enfants sur la Terre de nos Pères אכי"ר
בס"
Yehoshua (José) Bettit הי"ו
Le Rabbin Haï Désiré Elbeze, que son âme repose en paix, a marque son passage ici bas non seulement auprès de sa famille et de ses amis mais aussi auprès de trois communautés juives qu’il a su créer ou maintenir et entretenir leur vitalité durant de nombreuses années.
A Batna en Algérie il fut le Grand Rabbin de la communauté pendant la période tourmentée et tragique d’une guerre sans merci. Diriger et donner confiance a ses fidèles était son seul soucis. Seule une menace par écrit, trouvée sur un terroriste, l’obligea à quitter sans délai sa famille et sa communauté.
La pauvreté de la population juive en Algérie est connue. Mais la pauvreté d’un enfant dont le père Shlomoז"ל meurt quand son fils a cinq ans et que sa mère, Bellara ז"ל "sans profession" se trouva obligée d'élever toute seule ses trois enfants , Esther ז"ל agée de huit ans , Désiré qui à cinq ans et Sarah ז"ל est encore un bébé de huit mois, était une pauvreté de misère .
Mais l’intelligence et la volonté du Rabbin qui ont du certainement le caractériser depuis sa naissance, ont fait que sa réussite dans les études, ont amené ses Rabbins à obliger sa mère à le consacrer à l’étude de la Torah. Et ainsi à l’age de 16 ou17 ans il devint Cho'het après avoir passer de dures épreuves devant le Grand Rabbin Yechoua Laloum a Constantine.
Et depuis il devint le Cho'het, le Mohel, le Hazan de la communauté et surtout le maître enseignant de toutes les générations qui ont grandi a Batna depuis 1940 environ jusqu’en 1961.Excellent pédagogue , il connaissait l’âme de chacun de ses fidèles qui s’adressait à lui pour les petits et grands problèmes.
Pour avoir une idée de la difficulté de son travail a Batna, il faut savoir que l’abattage se faisait à l’abattoir situé a quelques kilomètres de la ville, qu’il fallait s’y rendre en vélo par temps de neige glaciale ou par chaleur infernale. A l’abattoir l’attendait une cellule très active de terroristes de Batna qui savaient qu’il était au courant de leur activités et devait se conduire comme s'il n'en n' était rien. Ainsi alors qu ‘il était toujours arme d’un revolver, un jour ce revolver glissa de son étui et tomba par terre. Un terroriste qui le connaissait lui dit : « Désiré, toi tu es notre frère ». Et ainsi par la suite il fallut que le Rabbin se rende a l’abattoir sans arme et a la merci des terroristes.
A Aix en Provence le Rabbin Haï Désiré Elbeze זצ"ל créa une communauté a partir d’un néant absolu. La communauté « génération spontanée » d’Aix se forma autour du Rabbin dont la force de gravite attira une grande partie de la communauté de Batna qui vint rejoindre son rabbin. Avec ce joyaux vite enrichi des nombreux nouveaux venu d’Afrique du nord , il fallut créer a Aix tout ce qui est indispensable a la vie d’une communauté – édifier une synagogue sur les terrains appartenant a la deuxième guerre mondiale .Il fallut créer des organismes d’une communauté vivante et il en fut la flamme qui leur donna le souffle de vie.
Le grand amour du Rabbin Haï Désiré Elbeze זצ"ל avait toujours été Israël .La mission qu’il avait à Batna et à Aix – diriger sa communauté – l’empêcha de réaliser son rêve presque éternel. Ce rêve ne se réalisa qu’a sa retraite lorsqu’un autre Rabbin vint le remplacer. Il monta aussitôt en Israël. Et la aussi il fit tout ce qu’il put malgré son âge avance et ses problèmes de santé, pour que la synagogue des « Constantinois » a Natanya ne serve non seulement de lieu de prière ,mais soit aussi une maison d’étude de la Torah.
Car il faut dire que la véritable passion du Rav Haï Elbeze etait de respecter strictement les mitsvots de la torah et d’étudier la torah. Durant toute sa vie il consacra une partie de sa journée , souvent très remplie, à l’étude de la torah. Son but n’était pas seulement d’étudier - ללמוד - mais aussi d’enseigner – ללמד – tout ce savoir qu’il avait accumule grâce à son assiduité et son intelligence. Ses compétences de compréhension approfondie des textes talmudiques l’ont amener a entreprendre une œuvre encore inachevée en France – la traduction du talmud. Il conduisit de haute main et mena à bien la traduction des traites « Shabbath » et « Betsa ». Ses traductions servent aujourd'hui en France les nombreux rabbins et élèves qui désirent étudier le talmud mais ne dominent pas la langue hébraïque et l’araméen. Il a traduit aussi le commentaire de la Hagadda de Pessah fait par son Rabbin – Sidi Fredj Halimi de Constantine et a entrepris la traduction du commentaire des tehilim rédige aussi par son maître Sidi Fredj – un des grands maîtres du rabbinat D’Algérie.
Pour finir nous amenons le commentaire du grand Rabbin Sidi Baha le rabbin Avraham Halimi père de Sidi Fredj fait au premier verset de la parasha de « Behoukotai » . Ce verset dit « אם בחוקותי תלכו... » , si vous allez d’après mes commandements . Rachi explique ce verset « היו עמלים בתורה » ,travaillez, soyez actifs dans la torah. Ce commentaire de Rachi a fait couler beaucoup d’encre et sa compréhension n'est certainement pas aisée. Sidi Baha propose de l’expliquer d’après une guémara du traite de Berahot 8A, elle aussi difficile a comprendre. La guémara dit «Rabbi Hya Bar Ami au nom de Oula dit – Plus grand est le mérite de celui qui jouit du labeur de ses mains » יגיע כפיו) ) que le mérite de celui qui craint le seigneur . Et cela l’apprend la guémara en se basant sur les dires de nos Rabbins ou des versets de la torah. Pour celui qui mange le labeur de ses mains il est dit dans la mishna Pirque Avoth – יגיע כפיך כי תאכל אשריך וטוב לך - Si tu manges le labeur de tes mains tu seras heureux et tu auras le bien ( tu seras heureux dans ce monde et auras le bien dans le monde a venir ) . A propos du croyant ( ירא שמים )il est dit seulement « אשרי ירא שמים » - Heureux est le croyant . Certes se pose la question pourquoi celui qui jouit du labeur de ses mains a plus de mérite . Sidi Baha propose l’explication suivante : l’accomplissement des mitsvots est le devoir élémentaire du juif et pour cela il n’a le droit a aucun mérite spécial. Il s’agit de celui qui craint le seigneur « ירא שמים » . Pour avoir une plus –value de mérite il faut comme le dit Rachi commentant « si vous allez d’après mes commandements »- travaillez,soyez actifs dans la torah. Ce travail cette activité est la plus-value qui vous feront mériter d’être heureux dans ce monde et voir le bien du monde a venir.
Le Rabbin Haï Désiré Elbeze זצ"ל a travaille toute sa vie pour entretenir sa famille avec tous les problèmes qui se sont soulèves, a aussi travaille pour ses communautés et pour ses fidèles. Il a aussi laisse une œuvre qui fait et fera profiter des personnes qu’il ne connaissait pas « זכות הרבים תלויה בו ».
יהא זכר צדיק לברכה
Yehoshua (José) Bettit הי"ו
Neveu et élève du Rabbin Haï Désiré Elbeze זצ"ל
Rav Nissim Alexandre Ben Aharon הי"ו
NATANYA ISRAEL
C'est souvent dans les situations de השגחת פרטית que nous réalisons certaines évidences , surprenantes par leur logique intrinsèque, et qui nous amènent à considérer avec une attention toute particulière, la valeur des choses et des œuvres.
Alors que je me trouvais dans un hôtel cacher lors d'une visite en Italie, je fus surpris de voir, après l'office du matin, un jeune homme tenant deux livres devant lui. Il pointait alternativement son doigt de l'un à l'autre, posant un regard interrogateur à la lecture du premier, et trouvant à la lecture du second une évidente satisfaction, un sentiment d'intense bien être qui lui décrochait un sourire de parfait émerveillement.
Les deux manuels qu'il détenait faisaient corps avec ses deux mains, ses deux pieds, ses deux yeux, et paraissaient aussi nécessaires à son esprit que la dualité de ses membres. Je m'approchais instantanément vers lui, curieux de comprendre les raisons de cet équilibre intellectuel qui conférait à cet homme un tel ravissement, et lui demandais ce qu'il étudiait.
Il s'agissait du traité Talmudique de CHABBAT et de sa traduction intégrale en français. Je m'empressais de lui demander qui était l'auteur de cette traduction." il s'agit du Rabbin Haï Désiré ELBEZE" me dit-il.
Et il ajouta: « c'est un précieux outil d'enseignement car cela me permet de comprendre le texte original à partir de la traduction .Sans elle, je suis convaincu que jamais je n'aurais été entraîné à lire de TALMUD.»
L'enseignement doit être accessible à tout un chacun et mettre le TALMUD à la portée de tous, comme l'a fait le Rabbin ELBEZE, est un acte de générosité, intellectuelle, et la preuve d'une grande humanité et d'amour du prochain. Et combien de jeunes aujourd'hui élèves talmudiste, chevronnés ont bénéficiée de son travail.
J'ai aussitôt cherché a rencontrer de grand homme à Paris mais ce fut sans succès, d'aucuns m'ayant indiqué qu'il exerçait ses fonctions à Aix-en-Provence. Je n'aurais pas cherché d'avantage si encore une fois laהשגחת פרטית ne s'était manifestée pour m'inviter à croiser sa route.
C'était à la synagogue עלית שבטים à NATANYA alors que je venais d'emmenager dans cette ville que nos destins se sont unis. Depuis, nos liens sont devenus fraternels. J'ai pu alors apprécier les compétences du Rav Haï Désiré ELBEZE dans tous les domaines.
Il était Talmudiste, enseignant, prédicateur, Hazan, cho'het ,mohel. Et dans toutes ces disciplines,et avec qu'elle humilité! Il excellait. Il a aussi traduit la guémara BETSA Je me faisais un plaisir dès qu'il entrait à la synagogue de lui remettre le livre de la paracha de la semaine. Mais je me suis vite rendu compte qu'il n'en n'avait aucunement besoin vu ses connaissances bibliques et l'ampleur de son érudition. Il connaissait en effet les textes par cœur avec toutes les intonations, règles grammaticales s'y rapportant. Il maîtrisait les différentes interprétations et explications. Rav Haï Désiré ELBEZE זצ"ל dont le départ de ce monde a été pour moi un arrachement, sache désormais que la place que tu occupais à mes côtés resteras la tienne, que je teins à ce qu'elle soit consacré à ta mémoire, que personne ne puisse s'y asseoir.
Qui possède deux langues étrangères et les maîtrise profondément, peut sans difficultés traduire une œuvre d'une langue à l'autre. Mais si le traducteur n'éprouve pas les sentiment, les émotions,la douleur,la joie qui ont animés l'auteur, la traduction ne sera qu'un pâle reflets de l'œuvre originale.
Pendant des dizaines d'années Le Rabbin Haï Désiré Elbeze זצ"ל a étudié le talmud tous les jours de sa vie avec amour et assiduité, pour arriver à acquérir le עיון c'est-à-dire la profonde compréhension des explications de Rachi, des Tossfots, des Sages du Talmud imprégnés de l'esprit Divin.
Ce n'est qu'après l'acquisition de ce savoir que le Rabbin Haï Désiré Elbeze זצ"ל a entrepris la traduction des traités שבת et ביצה.
Il a apporté outre sa compétence son cœur, sa foi, son amour pour tous ceux qui débutant, vont pouvoir étudier le Talmud. Dès lors, comment s'étonner que des dizaines d'élèves, qui grâce à ses traductions qui ont été leurs premiers livres d'études soient devenus des talmudistes chevronnés.
RAVINOU Elbeze, grand est ton mérite dans le Monde d'en Haut et ton précieux souvenir gravé à jamais dans l'esprit de tous ceux qui, grâce à toi, étudient le Talmud. J'ai perdu un ami, un frère, " un vrai frère " comme tu te plaisais à le dire.
Que ton souvenir soit une bénédiction pour ta famille et pour la communauté d'Israël que tu chérissais entre toutes.
Rav Nissim Alexandre Ben Aharon הי"ו
הרב דוד נקש שליט"א Rav David Nakache
ראש ישיבת "עץ חיים" Roch Yéchiva Hets Haïm
נתניה Natanya
A la mémoire de notre maître et Rabbin le Rav Haï Désiré Elbeze זצ"ל
Nous avons l’obligation de retracer l’effigie des justes (zadikim) de façon à donner en héritage aux générations futures ‘les voies à suivre et l’action à accomplir’.
Nos sages nous enseignent : ‘Les tsadikim à leur mort sont considérés comme vivants ‘ C’est en buvant leur enseignement et en suivant leur œuvre, que la voie qu’ils nous ont tracée se prolonge, et ce faisant ‘Les lèvres des Tsadikims s’articulent dans leur tombe’.
Le Rav Haï זצ"ל a œuvré dans plusieurs domaines de son vivant. Quatre axes d’activité caractérisent son action :
1. L’étude et l’enseignement de la Torah
Le Rav a toute sa vie durant œuvré dans la Torah, et cela jusqu’aux derniers moments de sa vie. Il savait qu’un Rabbin n’est pas seulement au service de sa communauté, pour célébrer mariages ou circoncisions. Pour lui l’essentiel de son rôle était d’étudier et de diffuser ses enseignements. Le Rabbin a perpétué la voie des sages d’Algérie avec l’apprentissage de la GUEMARA à travers l’étude du texte et des problèmes évoqués. Pour ce qui est de l’étude des préceptes, la HALA'HA, il faisait preuve de connaissances extrêmement profondes, et avec cela restait humble et se referait toujours à la Torah. Le MIDRASH restait toujours la base de ses propos, et il arrivait à travers les textes, à élucider les problèmes de notre génération, la génération de la rédemption. Nous avons eu la chance qu’une partie de son œuvre ait vue le jour, en attendant ce qui reste à venir.
2. Son implication et son influence sur la vie communautaire
Le Rav se dévouait corps et âme à sa communauté dès qu’il en devenait responsable. Il montrait sans ambages la voie à suivre. Il rassemblait des communautés de tout age, d’opinions les plus diverses, à une époque houleuse forte des migrations de communautés juives d’Algérie vers la France. Il se battait en héros contre les influences négatives qui s’infiltraient dans ces communautés, pour sauver les dispersés et les ramener à D.
Le Rav enseignait la lecture du ‘Chéma Israel’ aux petits, inculquait l’enseignement de la Torah et des préceptes aux plus grands. Il et s’attardait sur l’étude de la Guémara avec les éléments les mieux préparés, basant son discours sur les Midrashim avec les plus âgés.
Il savait se rendre intransigeant face aux cas de blasphème et profanation du nom de D. et de ses préceptes. Cela ne l’empêchait pas d’être à l’écoute des problèmes de sa communauté et de faire preuve de sensibilite et patience pour soutenir et aider à résoudre les problèmes les plus divers de couple, voisinage….
3. Ses actions liées à l’application de la pratique juive
Le Rav Haï זצ"ל n’a pas cessé d’œuvrer pour l’application des préceptes au sein des communautés dont il avait la charge : Il exerçait les fonctions de Mohel, de Cho'het et se battait pour le respect de la Casherout. Il exerçait également la fonction de Hazan, dans le respect des traditions de la lyrique et de la hala'ha :Il dirigeait les offices en honorant le public de la lecture de la Torah. C’est lui qui sonnait du Choffar pendant les fêtes, et ses prières qui émanaient d’un cœur pur et sincère, imploraient la grâce de son peuple, et arrivaient à percer les portes du royaume céleste.
4. Son amour pour Eretz Israel
Le Rav Haï זצ"ל. aimait la terre d’Israël du profond de son âme. Monter en Israël fut l’objectif de sa vie. C’est sur les hauteurs de cette terre qu’il rendit son âme à notre créateur. Son combat pour Jérusalem, Hévron et chaque parcelle de l’héritage de nos pères meublait toutes ses allocutions.
Sa femme, la Rabanit- Que D. prolonge ses jours en ce monde- était toujours à ses cotés, l’assistait et l’encourageait dans toutes ses épreuves, jusque dans ses derniers moments.
Nous pleurons et endurons le vide que le Rav nous a laissé après son départ. Nos pensées pour le Rav s’associent toujours à ses encouragements, son réconfort, ses conseils, la voie qu’il nous aidait à tracer, le patrimoine qu’il nous a laissé en héritage. Nous l’en remercions et cela atténue la peine que nous associons à sa mémoire.
L’ouvrage de Massehet Chabbat traduit au Français par le Rav, que ses enfants éditent contribuera à perpétuer son étude, et suscitera certainement une joie intense au Rav dans sa demeure au paradis. Que le mérite des enfants soit récompensé, et qu’ils continuent à diffuser le patrimoine du chef de famille. Que les mérites du Rav protégent sa descendance et toute l’assemblée d’Israël ! Que le peuple à Sion trouve son apaisement avec le rédempteur et qu’il puisse reconstruire et redorer son royaume sans tarder ! Amen.
Rav David Nakache הי"ו
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Rav Khalfa Moché ZERBIB הי"ו
Souvenirs et Dernier hommage a mon ami Désire Haï EL BEZE זצ"ל
Batna Août 1930,
Mon Père le regretté Rabbi Yéhouda Zerbib זצ"ל, prend les fonctions dans cette Kehila. Sa première préoccupation fut de réorganiser le Talmud Torah.
A 12 ans, j’ai rencontré pour la première fois, le jeune, Désiré Haï EL BEZE 10 ans.
Mon père, notre professeur, perçu très vite chez ce garçon, orphelin de père, des aptitudes à l’étude et son amour pour la Torah et Israël. Avec l’accord de madame EL BEZE Bellara ז"ל mère courageuse avec deux autres filles à charge, il décida de le guider dans la voie religieuse, qu’il avait choisi et qui semblait des lors toute tracée.
Des cours particuliers poussés, suivis, chaque soir, souvent, jusqu’a des heures avancées dans la nuit
nous confortait dans l’étude. La petite pause qui nous permettait de déguster une bonne verveine chaude, nous redonnait des forces.
Les années passèrent. Après la guerre en 1949. D… me donna la joie de le revoir, avec le grand rabbin Yéhouda LALOUM זצ"ל et de lui faire bénir mon mariage, dans cette ville qu’il n’avait pas quittée .Les événements d’Algérie le firent se fixer avec une grande partie de sa Kehila en France: à Aix en Provence.
Il eut le mérite זכות de monter en Israël a Natanya , où nous nous retrouvions avec affection , à la synagogue de notre Maître Sidi Fredj Halimi הרב ,הדיין , הכולל, סידי פרדג' חלימי זצ"ל.
רבי חי אלבאז
תהי נפשך צרורה בצרור החיים
ובגן עדן תנוח ותעמוד אמן!
ת.נ.צ.ב.ה
הרב כלפה משה זרביב הי"ו
ירושלים תובב"א
CCCCCCCC
מו"ר הרב שלמה חיים הכהן אבינר שליט"א Rav Chlomo Haïm HaCohen Aviner
ראש ישיבת " עטרת כהנים " Roch Yéchiva Hateret Cohanim
ירושלים Jérusalem
Mr Haïm EL BEZE
Chalom,
Que Dieu vous bénisse pour votre initiative d'imprimer le traité Chabbat avec la traduction de votre regretté père le grand Rabbin Haï Désiré EL BEZE. Le précieux livre sera assurément d'une grande utilité pour les étudiants francophones de la guémara, et leur permettra d'étudier avec facilité et clarté.
בברכה
שלמה אבינר
Chlomo Aviner
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Mme Perlette Dj'ora Halimi שיחיי
Le Rav Haï Désiré EL BEZE זצ"ל est née à Batna en Algérie le 18 mars 1920. A l'âge de 3 ans son père Chlomo décède. Le Rav grandit avec sa mère et ses deux sœurs , avec des revenus très modestes. Malgré cela le Rav parvient a obtenir le brevet d’études élémentaire. Attiré par les études hébraïques , il deviendra Rabbin de Batna dès l'age de 17 ans. Pendant son service militaire à Constantine une fois par semaine, toute la nuit, il étudie avec son Maître le Dayan Sidi Fredj Halimi.
Durant la seconde guerre mondiale, il fait les campagnes de Tunisie, d'Algérie, débarque en France. Fait la campagne d'Italie. Il reçoit la croix de guerre avec étoile de bronze cité à l'ordre du régiment. Il reçoit la médaille coloniale de Tunisie.
Il occupe en 1952 les fonctions de Grand Rabbin de Batna Il étudie aide de ces deux grands Maîtres, de mémoire béni, le Grand Rabbin Yehouda Zerbib , le Grand Rabbin Yéhochoua Laloum;Avec ses collègues Rabbin ils étudient chaque jours la guémara, le Ha Rambam.
Il est enseignant, mohel, cho'het chalia’h tsibour. Il occupe les fonctions d'Aumônier des prisons, d'aumônier des armées. Avec le Rav Mikhael Cherbit זצ"לen prenant de grands risques ils visitent les soldats juifs bases dans les montagnes des Aurès. Le Rav créa les EIF à Batna. Il en devient le chef. Il organisa des camps d’été en France pour tous les enfants de la communauté durant la guerre qui sévit à Batna.
Après de nombreuses menaces de mort, le Rav quitte Batna et s'installe à Aix en Provence ou il ressuscite la communauté. Le vieux cimetière Juif étant profané et saccagé par des promoteurs, Il décide avec le consistoire d'exhumer les corps et de les transférer en Israël à Afula. En 1973 Participe à la construction de la Synagogue, centre communautaire, impose un Mikvé dans les plans d'édification de l'édifice. Chef spirituel, il enseigne aux enfants comme aux étudiants en droit et en médecine .Il faits des cours réguliers à la Wizo . Participe à la vie de la cité en représentant la communauté auprès des services officiels. Il assure la cachroute dans les boucheries d'Aix. Il est Aumôniers des bases militaires environnantes, rencontre les plus hautes autorités militaires pour aider les soldats Juifs amanger cacher.
Dans toutes ces drachots il évoque son attachement profond pour Israël et ses habitants. Le 10 Hechvan 5744 il réalise son rêve le plus cher et il monte en Israël. Arrivé à l'aéroport de Lod , au moment ou il reçoit sa Téoudat Zéout (Carte d'identité) l'émotion qui l'étreint est d’une telle violence qu’ il en perd connaissance….
Chaliah Tsibour , Il connaît parfaitement la lecture de la Torah. Il sait placer parfaitement les tahamim et en donné la juste explication. Lorsqu’il lisait les Hasseret Hadibrot le kahal est avec lui au Har Sinaï. Au moment de la Hatarat de Yom Hahatmaout il s’arrêtait et disait la voix mélange d’émotion ressentez vous les miracles de la guéoula. Le sommet de la téfila était le Seder Avoda du jour de Kippour,ou il chante , prie, pleur, exécute tous les gestes du Cohen Gadol. Le soir après la téfila, il expliquait le texte dit : " Je t'exalterai, Ô Hachem qui est ma force et mon bonheur .Je viens remplis d'un zèle ardent frapper à ta porte.." les mots sont a la foi magnifiques et vrai et en plus il faut chanter !. Le Rav prononçait les mots avec tant de ferveur que l’on sentait sa néchama s’exprimer dans sa voix.
Mohel, Il pratique sa première Brit mila sur son fils aîné Chlomo en 1947 et sa dernière a Eliel son petit neveu en 2001 . Il circoncit tous les enfants de Batna et tous les enfants d'Aix en Provence. En Israël il ne veut pas faire savoir qu'il est mohel car disait-il c'est une parnassa je ne veut pas la prendre aux mohalim professionnels. Il ne demandait jamais d'argent pour pratiquer la Brit.
Talmid Hakham il est très érudit dans l'étude de la guémara . Il pratique l'étude du Daf Hayomi avec tous les commentateurs. Il traverse le Talmud plusieurs fois, il disait qu'il fallait s'annuler devant le texte pour en percevoir le sens. Que son souvenir soit une source de bénédiction pour le peuple d'Israël.
Mme Perlette Halimi belle sœur du Rav
Le Grand Rabbin de France
Rav Joseph Sitruk שליט"א
Enregistrement Radio du 2/12/02
Emission "Arbre de Vie" de Mr Yéhouda Ben Hamou הי"ו
J'ai appris il y a quelques minutes avant de prendre l'antenne la disparition du Rav Haï Désiré ELBEZE זצ"ל.
J'ai été très peiné parce que d'abord c'est une grande figure du judaïsme Français, parce que c'est un homme que j'ai connu de très prés, que j'estimais beaucoup et que j'ai en particulier adoré pour sa gentillesse, son sourire, sa proximité à l'égard de tous les fidèles. De plus c'était quelqu'un d'une grande sagesse, qui avait une grande sérénité de vie qu'il communiquait par son contact, sans compter que c'était un תלמיד חכם. Et que nous avons perdu un homme de grande valeur.
שיהיה זכרו ברוך
CCCCCCCC
Haïm Robert EL BEZE הי"ו
Fils du Rav Haï Désiré EL BEZE זצ"ל
Les Soixantes Dix Faces de la Torah. שבעים פנים לתורה
Tout système complexe peut être compris et appréhendé à la condition que l'on puisse le décomposer en sous systèmes plus simples et plus abordables.
La Guémara est construite suivant un langage de questions-réponses, propositions-objections. Est-ce à dire qu'il y a différentes interprétations du même enseignement de Moché Rabenou ? La transmission de la Torah par voix orale aurait-elle déviée, de l'enseignement du Har Sinaï ?
La réponse est évidement non et sans le moindre doute. Cet enseignement de vie, cet enseignement de la vie garde sa vérité, sa fraîcheur malgré les milliers d'années qui nous séparent de l'origine. Donc comment interpréter les différences de vue entre les Sages du Talmud. La vérité unique de la Torah ne se situe pas dans ce monde. Nous en voyons qu'une parcelle, qu'un élément de cette décomposition. Cette décomposition a un nom : שבעים פנים לתורה les soixante dix faces de la Torah et elle est unique. Chaque Sage en a reçu l'enseignement et la transmit de façon intégral et intègre. Il est écrit "fais toi un Maître עשה לך רב" saches que l'enseignement de ce Maître n'est pas une interprétation mais un chemin de vie dans le sous système qu'il a reçu lui-même de ses Maîtres. Tous les enseignements, toutes les pratiques réunies forment l'unicité et la vérité de la Torah. Cette vérité dans sa complétude était connue que d'un seul homme Moché Rabenou ע"ה. Et ces différentes approches du texte peuvent être appréhendées dans l'étude talmud, étude complexe mais combien enrichissante pour l'âme et l'esprit.
Mon Père et mon Maître le Rav Haï Désiré Elbeze זצ"ל m'a non seulement donnée la vie dans ce monde, mais aussi par son exemple et son enseignement, il m'a montré un de ces chemins qui je l'espère mène au monde où tout est vérité.
Un héritage est fait pour être transmis et notre devoir est de le conserver intègre et pur, de le transmettre par tous les moyens mis à notre disposition. Ceci est l'objectif de cette réédition du Traité de Chabbat.
Que le souvenir du Rav, de mon Père soit une bénédiction pour le peuple d'Israël. Et que sa résidence se situe auprès de tous les Tanaim , Amoraim, les Maître et les Sages de Sion . Qu'il profite de la vision intégrale et unique de la Torah, qu'il a tant aimée et étudiée.
חיים רוברט בן הרב חי אלבאז ס"ט
Haïm Robert EL BEZE